Les femmes préhistoriques

Dans cette interview, la préhistorienne et chercheuse au CNRS Marylène Patou-Mathis, revient sur une idée reçue partagée par beaucoup de gens (même savants!) : la division sexuée du travail entre les hommes et les femmes serait apparue dès les origines de l’humanité.

La préhistorienne explique que cette idée n’est fondée sur aucune preuve et qu’au contraire, plusieurs traces archéologiques prouvent que cette division n’est pas une chose « naturelle »; il s’agit en fait d’une institution sociale, culturelle : la différence entre les genres ne s’est pas opérée naturellement, c’est un fait culturel, qui peut varier selon les cultures et les sociétés humaines.

Certains vestiges archéologiques prouvent que les femmes préhistoriques pratiquaient des activités physiques : la robustesse de certains squelettes de femmes préhistoriques, et l’épaisseur significative de leurs os de bras notamment, suggèrent que les femmes participaient à des activités qui nécessitaient de recourir à la force physique.
L’art pariétal qui orne les grottes du Paléolithique est lui aussi révélateur : des analyses récentes ont montré que certaines mains peintes sur la roche par aréographie ne sont pas des mains d’enfants, comme les scientifiques l’ont longtemps cru, mais des mains de femmes.

Pour Marylène Patou-Mathis, il est tout à fait possible que les peintures rupestres des grottes paléolithiques, comme la grotte Chauvet ou la grotte de Lascaux, aient été l’oeuvre de femmes. La chercheuse remet ainsi en cause l’idée de femmes préhistoriques spécialisées dans les tâches ménagères; pour elle « non, les femmes préhistoriques ne se contentaient pas de balayer la grotte! »

Représentation moderne de la création des peintures de Lascaux : que des hommes ! Mais rien ne prouve qu’il n’y avaient pas de femmes artistes à l’époque, et c’est même l’inverse que laisse supposer les traces archéologiques à notre disposition (source: france culture).

Définitions

Le mot genre a beaucoup de significations. On parle du genre humain, comme on parle de genre de choses. Dans les sciences dites « humaines et sociales », le terme est utilisé pour désigner l’identité sexuelle des individus, pour faire la distinction entre l’identité sexuelle biologique, que personne ne choisit (on ne choisit pas de naître homme ou femme), et l’identité sexuelle réelle, celle qui est vécue et choisie, qui peut être en désaccord avec le sexe imposé à la naissance.
Pour comprendre l’idée de genre, il faut penser faut se faire à l’idée que ce n’est pas parce qu’on est un garçon qu’on doit « faire genre » comme un garçon, c’est-à-dire avoir des gros muscles et parler fort. Inversement, une fille n’a pas nécessairement à « faire genre » : elle peut tout à fait jouer au football et faire des activités considérées comme « masculines ».

CNRS : acronyme (mot formé à partir des initiales d’un groupe nominal) qui désigne le prestigieux Centre National de Recherches Scientifiques, un établissement public fondé en 1939 et financé par l’Etat pour faire progresser la science dans tous les domaines (maths, physiques, littérature, économie, sociologie, histoire, etc.).

Art pariétal : art pratiqué sur les parois des grottes d’il y a 38 000 ans à la fin du paléolithique, signe que l’homme développe une représentation du monde et, sans doute, des croyances.

Aérographie : projection de pigments faits de terre ou de charbon sur un support, une surface.

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